88€, le prix du Scarflett®

Quand je me suis penchée sur le prix de vente du Scarflett®, j’ai observé mes résistances sur le fait de mettre un prix à la valeur ajoutée qu’apportait ce foulard d’un nouveau type, dans la vie des femmes en cours de traitement contre le cancer.

Si faire des calculs de prix de revient m’était facile, j’ai pu constater que sur le fond, j’avais des résistances notamment sur la question du prix de l’innovation.

Combien vaut en-effet l’idée de détourner le cuir de ses fonctions connues?

Pour permettre d’envelopper le crâne dans un cocon de douceur, sans couture qui vienne confronter la peau devenue fragile.
Permettre encore d’oser se parer d’un accessoire de luxe, et quitter l’idée que l’on doit juste cacher sa blessure.

Combien vaut d’emmener la femme en cours de traitement contre le cancer dans une nouvelle dimension?

Une dimension où elle continue de prendre soin de sa féminité.
Où elle apprend à valoriser l’éclat de son teint, en choisissant les « bonnes » couleurs pour elle.
Où elle peut retrouver le plaisir de se coiffer et ressortir les accessoires de cheveux qu’elle utilisait avant la maladie, pour ne pas perdre le fil de son histoire.
Une dimension où après les traitements et une fois la repousse des cheveux enclenchée, elle a la liberté de transformer son foulard en accessoires qui pourront l’accompagner, elle comme ses amies, pour la suite de leurs histoires.

La réponse à toutes ces questions est subjective.
Ne peut être que subjective.
Et je devais transformer ces réponses subjectives en un prix objectif.

La première chose qui s’est imposée dans la réflexion est que Scarflett® devait rester accessible financièrement.
Y compris dans cette période troublée de la vie où les situations financières peuvent facilement chavirer.

De par sa matière première pourtant, Scarflett® est plus cher à produire qu’un foulard en tissu synthétique, coton et même soie. Le coût de la matière première en est 5 à 10 fois plus élevé.
Je ne peux ni le nier, ni l’éviter.

Et en même temps, Scarflett® devait coûter moins de 100 euros. Parce-qu’au delà, on passe une limite psychologique forte qui ferait entrer ce foulard dans une catégorie « luxe ». Et même si la matière que utilisée est luxueuse, je souhaite que ces foulards puissent trouver leur place auprès d’un large public.

J’ai donc décidé de fixer le prix de vente à 88 euros.

Parce que c’est logique avec la barrière psychologique à ne pas dépasser.
Parce que c’est logique par rapport à l’offre actuelle de foulards en tissus, qui se situe entre 20 et 65 euros.
Et parce que c’est en 1988 que j’ai été confrontée à l’alopécie pour la première fois.

Pour moi, c’est rendre hommage au joli visage qui l’a supporté, que d’ancrer ce chiffre dans ma réalité d’aujourd’hui.

88 euros, ce sera donc le prix d’un Scarflett®.

C’est un prix décorrélé des marges que je fixe pour mes autres créations. C’est le cadeau que je fais aux femmes qui ont à se battre pour leur vie. Et je trouve que le minimum que je puisse faire, c’est de m’engager auprès d’elles à conserver ce prix, tant qu’il sera économiquement viable.

Est-ce que vous me suivez?

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#scarflett #alopecia #cancer #headwrap

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Article publié pour la 1e fois le 15.12.2017

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