Kamala quand elle n’ose pas croire à la puissance du féminin

le Post Du Mercredi #19

Kamala Harris parÊtre

Crédit photo : Getty Images

Avec les #PostDuMercredi, je vous amène à prendre conscience de l’impact qu’a un vêtement, une tenue, dans vos relations aux autres. Comment, par un simple vêtement, il vous est possible de donner envie de vous faire entendre ou à l’inverse, vous faire totalement oublier.

Comment, si vous avez tendance à le subir aujourd’hui, vous pouvez commencer à en jouer demain.

Pour cela, je vous commente les tenues de personnalités publiques.
Le genre de personnalités sur lequel nous aimons projeter nos en-vies de pouvoir, de beauté, de notoriété, aussi.

Ces décryptages, qui déshabillent aussi bien les hommes que les femmes, ont pour vocation de permettre à chacun.e d’habituer son oeil à reconnaître le beau, l’assorti, le bien assemblé, le coordonné.
Celui qui, nécessairement, saura vous mettre en valeur. Quelles que soient les circonstances que la vie vous fait traverser, quand bien même vous seriez un peu fatigué.e, un peu secoué.e.
Pour vous permettre d’impacter vos interlocuteurs, avec justesse et accompagner au mieux vos intentions.

Je vous parle aujourd’hui à nouveau de Kamala Harris, Vice-Présidente des Etats-Unis d’Amérique.

Je vous commente aujourd’hui la tenue que la Vice-Présidente des Etats-Unis portait le jour de son investiture.

Habituellement, je vous commente les couleurs, les lignes, les formes, les styles aussi, pour vous éclairer sur la justesse, ou non, des tenues qui sont portées par les personnalités que je choisis de déshabiller.

Aujourd’hui, je commence par vous parler du message – parfois subliminal – que peut porter un vêtement.

Aujourd’hui, je commence par vous parler « message du vêtement », avant de détailler plus finement la silhouette et la tenue de la femme qui le porte.

Lorsque j’ai commencé à analyser cette tenue d’investiture, il m’a fallu un temps avant de voir le message que Kamala Harris a voulu faire passer.
Ce n’est qu’en la voyant en groupe, aux côtés de son mari et du couple présidentiel que le message m’a sauté aux yeux. Sur le boutonnage de sa veste… une nouvelle fois.

Sur le boutonnage de la veste à nouveau, mais pour une raison totalement différente de celle que je vous détaillais dans mon précédent article (Kamala et le bouton qui tue).

Observez cette photo des deux couples Biden et Emhoff-Harris :

Kamala Harris investiture parÊtre

Crédit photo : Angela Weiss/ AFP

Sur cette photo, on voit Jill Biden portant un manteau qui croise, comme historiquement les vestes et manteaux de femmes, côté droit sur côté gauche.

Kamala Harris a son manteau qui croise comme ceux de son mari et du Président : gauche sur droite, à la manière des vestes d’hommes.

J’ai questionné le monde de la couture sur-mesure parisien et j’ai eu la confirmation, qu’au delà du fait que chaque créateur fait ce qu’il veut avec ses créations, ce choix de croisure gauche sur droite pour une veste de femme était bien un choix personnel de la Vice-Présidente Harris.

Il semble qu’elle ait voulu faire écho à cette citation du fameux coach américain Tony Robbins :

« Une femme peut faire tout ce qu’un homme fait, et plus encore. Elle peut même avoir un enfant sans un homme. ».

Ce détail de croisure n’est qu’un détail…
Mais une fois qu’on le prend en compte… effectivement, visuellement, on se dit qu’il y a trois hommes sur les marches du palais, et une seule femme.

Une fois que l’on capte ce détail de croisure du manteau de Kamala Harris, on voit trois hommes sur les marches du palais, et une seule femme.

Il semble que personne n’ait relevé ce « détail » d’affirmation publique par Kamala Harris d’une volonté de force et de puissance.
Je n’en ai trouvé aucune mention dans les articles que j’ai lus qui détaillaient les tenues des femmes en vue à cette investiture – Kamala Harris, Jill Biden, mais aussi Michelle Obama et Hilary Clinton. Chaque tenue ayant pourtant été largement commentée sur les symboles qu’elle pouvait comporter.

Je m’étonne que ce « détail » qui est loin d’en être un à mes yeux, n’ait pas été relevé par plus de chroniqueurs mode, ou politiques.

Comment croire que je sois la seule à relever cette affirmation pourtant tellement forte ?

Je vous laisse interpréter le besoin qu’avait Kamala Harris ce jour là d’affirmer sa force et sa puissance au delà de ses valeurs personnelles, féminines. Au delà de ses compétences professionnelles qui, avec cette nomination, ne sont plus à démontrer.

J’ai une tendance à croire que Kamala Harris a voulu, par ce geste, se rassurer sur le fait qu’elle avait l’étoffe d’un héros (nécessairement masculin) pour porter la charge qu’elle allait prendre pour 4 ans, sur ses épaules.

Il serait intéressant cependant d’en discuter avec elle.
Il serait aussi intéressant d’avoir l’interprétation d’un.e politologue ou encore d’un.e psychologue sur le sujet.
Pour tenter de comprendre la juste portée de ce message non-verbal, tellement fort et puissant, passé, à travers ce vêtement.

J’en déduis pour le moment que Kamala Harris a eu besoin d’un coup de pouce vestimentaire pour oser affirmer la force, la puissance – des qualités masculines – qu’elle juge qu’il lui faut et sur lesquelles elle doute peut-être, pour tenir le poste pour lequel elle venait d’être élue.

Faute de pouvoir avancer sur ce sujet du message subliminal sans plus d’aide, je vous invite à revenir à la tenue dans sa globalité, sa coupe, sa couleur, aux choix de lignes qui ont été faits, pour tenter de mettre en valeur la silhouette de Kamala Harris.

Des sujets sur lesquels j’ai encore beaucoup de choses à vous dire !

Pour une fois, je me réjouis du choix de couleur qui a été fait.

Même si l’origine de ce choix n’est pas qu’esthétique, puisqu’on a pu lire qu’il s’agissait à la fois d’un rappel des couleurs des suffragettes du début du siècle et de l’idée du mélange des couleurs des deux grands partis politiques américains (le bleu des démocrates et le rouge des républicains). Qu’importe ! 

Le violet, chaud, était un bon choix, pour la femme « automne » qu’est Kamala Harris. 

Un choix qui la mettait en valeur elle, et pour le coup aussi, ses valeurs et ses idées. 

Applaudissons donc, largement !

Maintenant… malheureusement, la joie de voir Kamala Harris bien habillée, c’est à dire mise en valeur dans ce qu’elle a de plus beau chez elle, le jour de son investiture, s’arrête un peu là…

Observez cet ensemble robe + manteau que porte Kamala Harris.
Que ressentez-vous en le regardant ?
Ressentez-vous la lourdeur ?

Ressentez-vous la raideur de son manteau, ressentez-vous le manque de légèreté ? 

Ressentez-vous comme en regardant cette femme qui va prêter serment pour servir son pays on a tendance à la trouver… grosse, bêtement grosse.
Je dis bêtement, parce que c’est en méconnaissant totalement sa morphologie, et donc les coupes de vêtements qu’elle pourrait privilégier de porter que Kamala Harris se laisse voir dans ce qu’elle porte de moins beau sur elle.

Je trouve cette méconnaissance et ce mésuage du vêtement dommage, de manière générale, pour tout le monde.
D’une personnalité publique encore plus.
D’une femme au poste de Kamala Harris, je dois admettre que je trouve cela, en plus, incompréhensible. Quelle croyance limitante porte-t-elle en elle pour ne pas s’offrir mieux, elle qui en a le pouvoir ?

Observez la photo d’introduction que je vous propose aujourd’hui.

Observez l’illusion d’optique que nous avons avec la photo d’introduction que je vous propose.

Observez le manque de lien qu’il semble y avoir entre les jambes de Kamala Harris, leur finesse accentuée par des escarpins pointus, et le reste de son corps, totalement couvert par le manteau qu’elle porte.
Observez comme l’effet visuel du manteau (raide, droit, volumineux au niveau de l’ourlet) accentue l’effet visuel de finesse que l’on a, sur ses jambes.
Et donc l’effet visuel de masse, du manteau, et donc du corps qui se trouve dedans.

Observez maintenant avec la photo des deux couples sur les marches du palais, la différence d’impression, au niveau de la taille, qu’il y a entre la tenue de Kamala Harris et celle de Jill Biden.

Observez comme Jill Biden a l’air bien plus mince. 

Ce dont, je ne suis, dans les faits, pas persuadée.
Vous l’observerez vous-même un peu plus loin.

Observez la place des poches sur chacun de leurs manteaux.
Que remarquez-vous sur le manteau violet ? La poche, découpée à l’horizontale, attire le regard et coupe la silhouette en deux.
Observez la poche sur le manteau de Jill Biden maintenant.
Découpée à la verticale, posée en retrait sur le côté du vêtement, elle se fait oublier.

Une ligne verticale donnera toujours sur un corps, une illusion d’optique de finesse.
Une ligne horizontale, de grosseur.

C’est ainsi, qu’on joue de l’illusion d’optique lorsqu’on travaille la morphologie.
En affinant visuellement la silhouette des personnes qui en ont besoin.
En donnant une impression de plus de volume, de rondeur, pour celles qui en ont besoin, aussi.

A tour de taille équivalent, une poche passepoilée, à l’horizontale, du type de celle posée sur le manteau de Kamala Harris, marquera toujours plus une taille, le volume de la taille, que celle avec un rabat, placée sur le côté, comme celle du manteau de Jill Biden.

Ici, le choix de l’horizontalité pour la poche du manteau de Kamala Harris accentue le côté « épais » de la taille. Visuellement.

Imaginez maintenant ce manteau sans poche, ou avec une poche prise dans la couture de côté par exemple, et observez comme déjà il se dégage une impression de plus de fluidité quand on  regarde la tenue de Kamala Harris.

Regardons maintenant Kamala Harris et Jill Biden de dos.

Kamala Harris Associated Press

Crédit photo : Associated Press

Je vous le partageais tout à l’heure, je ne suis pas sûre que Jill Biden soit beaucoup plus mince et fluette que Kamala Harris.

Observez, sur cette photo où on les voit de dos, l’impression que nous avons de leur buste.
Observez qu’elles semblent avoir une carrure à peu près équivalente.
Impression que nous n’avions pas du tout en les regardant de face.
Cela souligne pour moi qu’il y a un « problème » de choix dans la coupe du vêtement de Kamala Harris.

Un vêtement à la juste coupe ne devrait pas nous donner une impression aussi différente vu de face, ou de dos.

Maintenant, je vous invite à observer les manteaux à partir de la ligne de hanches, au sol.
Qu’observez-vous ?
Kamala Harris a un manteau qui n’a pas de couture au milieu dos.
Il n’y a donc pas la possibilité de créer une fente d’aisance, contrairement au modèle de manteau choisi par Jill Biden. 

Résultat, pour que la femme qui porte ce manteau sans ouverture possible, ne soit pas gênée en marchant, il faut du volume de tissu.
Or, si on le perçoit moins sur ce cliché, largement retouché, (la couleur du manteau a viré du violet au bleu), on le voit sur le premier cliché : le manteau de Kamala Harris est en lainage. Relativement fin, soit, mais en lainage quand même. 

Le propre du lainage est de tomber droit, raide. A moins qu’il s’agisse d’un crêpe.
Ce qui n’a pas l’air d’être le cas ici.

Pour résumer : le bas du manteau de Kamala Harris a besoin de volume pour qu’elle puisse marcher, puisqu’il a été fait le choix d’une forme de veste sans couture au milieu dos. Dans un tissu raide, qui tombe droit.

Il nous donne donc l’impression et j’insiste sur cette notion d’impression que nous avons, que Kamala Harris est … une femme forte.

Lorsque nos morphologies changent il est parfois difficile de se défaire de nos habitudes « d’avant ».
Quand on a eu l’habitude, avec succès, d’habiller une silhouette pendant 20 ou 30 ans, il y a un temps d’adaptation pour comprendre ce qui a bougé, changé, dans son corps, pour pouvoir s’adapter. Sans modifier toute sa garde-robe, du jour au lendemain.

Qu’aurait pu faire le styliste qui a dessiné ce modèle pour Kamala Harris ?

Il aurait pu choisir un manteau sans croisure, qui vienne bord à bord au milieu devant.
Cela aurait évité les plis disgracieux au milieu devant du vêtement comme la sur-épaisseur que créent 4 épaisseurs de tissu épais (les devants du manteau, avec la parementure, qui est reliée à la doublure) sur une poitrine forte. Sur-épaisseur qui accentue l’impression de volume de la poitrine.

Mais pour cela, il aurait fallu que la Vice-Présidente n’ait pas besoin d’affirmer une force toute masculine par le boutonnage de son vêtement.

 Le styliste aurait aussi pu choisir de placer les poches du manteau, en biais, sur le côté du manteau. Ou même envisager une poche montée dans la couture, totalement invisible.

Il aurait enfin pu choisir de dessiner une ligne de côte du manteau, qui se resserre à partir de la ligne de hanches, jusqu’à l’ourlet. Pour couper le vêtement à l’endroit, au bas du corps, où il y aurait eu le moins de tissu. Et donc nous donner visuellement une impression de finesse, qui aurait été relayée par la ligne des jambes et des escarpins.

Nous aurions alors eu devant nous une femme dans toute sa beauté et sa puissance personnelle, prête à relever les défis auxquels elle va être confrontée à son poste d’envergure nationale et internationale pour les 4 années à venir.

Et c’est en cela que connaître les différences de sa morphologie par rapport à la norme est intéressant.

C’est pour cela qu’en plus d’animer des ateliers autour de la couleur je vous propose des ateliers autour de la morphologie féminine. Vous y apprendrez à reconnaitre les standards attendus dans notre société occidentale. Vous y découvrirez les 5 types de morphologie qui existent, celle à laquelle vous vous rattachez. Et quels sont les petits « plus » avec lesquels vous pouvez jouer pour valoriser votre morphologie.

Parce que se sentir beau.belle au quotidien, parce que rayonner dans ses vêtements n’est rien d’autre qu’un peu de connaissance de soi, d’amour offert à son corps, sa morphologie, pour mettre en valeur ce que vous portez de beau. Naturellement.

Et croyez moi, c’est beaucoup plus facile que vous ne l’avez jamais envisagé.

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Si vous avez envie d’apprendre la couleur, comprendre et décrypter vos justes couleurs, retrouvons-nous lors d’un prochain atelier colorimétrie !
Les infos se trouvent ici
Les ateliers style et morphologie ont lieu les samedis après-midi. Contactez-moi pour plus d’info.

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Dans mes articles, je décrypte pour vous la.les tenue.s d’une personnalité publique, pour vous permettre de comprendre le pouvoir des couleurs, des matières et des formes, dans votre rapport aux autres.

Dans mon prochain article, je vous parlerai de Jill Biden.
Nous continuerons à parler couleurs, mise en avant de sa propre lumière. Ensemble, nous analyserons deux portraits de la nouvelle First Lady des Etats-Unis, et je vous parlerai de l’impact de la couleur sur vos photos de profil sur les réseaux ou votre CV !

À PROPOS DE CÉCILE KRÉE

Nous sommes tous et toutes différent.e.s. Et nous vivons dans un monde totalement normé. Notamment lorsqu’il s’agit de nous habiller.

C’est en comprenant l’intrication des hors de la norme corporels, sensoriels et intellectuels, que j’ai buté sur les limites du conseil en image, fait de règles un peu vite faites.
Car si on comprend facilement que le hors de la norme physique demande des adaptations de coupe, on ignore qu’il s’accompagne souvent de hors de la norme sensoriels. Qu’une hypersensibilité émotionnelle est très souvent accompagnée d’une hypersensorialité, qui place les sens en éveil perpétuel. On ignore généralement l’impact que cela a dès que l’on porte un vêtement sur soi, dans nos rapports à notre corps, mais aussi dans nos rapports aux autres.

C’est parce que j’ai trouvé cette intrication passionnante et pourtant rarement documentée, que je vous partage mes découvertes, mes analyses.

Bienvenue dans mon univers, où le vêtement et l’accessoire portent avec vous, vos valeurs, vos idées, vos projets.

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