Lou-Anne, quand elle affiche sa beauté sans se respecter

le Post Du Mercredi #11

Lou-Anne Lorphelin Sima Couture Relooking

Crédit photo : DR

Avec les #PostDuMercredi, je vous amène à prendre conscience de l’impact qu’a un vêtement, une tenue, dans vos relations aux autres. Comment, par un simple vêtement, il vous est possible de donner envie de vous faire entendre ou à l’inverse, vous faire totalement oublier.

Comment, si vous avez tendance à le subir aujourd’hui, vous pouvez commencer à en jouer demain.

Pour cela, je vous commente les tenues de personnalités publiques.
Le genre de personnalités sur lequel nous aimons projeter nos en-vies de pouvoir, de beauté, de notoriété aussi.

Ces décryptages, qui déshabillent aussi bien les hommes que les femmes, ont pour vocation de permettre à chacun.e d’habituer son oeil à reconnaître le beau, l’assorti, le bien assemblé, le coordonné.
Celui qui, nécessairement, saura vous mettre en valeur. Quelles que soient les circonstances que la vie vous fait traverser, quand bien même vous seriez un peu fatigué.e, un peu secoué.e.
Pour vous permettre d’impacter vos interlocuteurs, avec justesse et accompagner au mieux vos intentions.

Je vous parle aujourd’hui à nouveau de Lou-Anne Lorphelin,
Miss Bourgogne 2020.

Dans le dernier article, je vous expliquais comme je trouve Lou-Anne Lorphelin belle, dans la simplicité qu’elle affichait, habillée d’un simple tailleur pantalon couleur rouille.
Belle et juste, dans ses codes couleurs et les codes de son style (Lou-Anne quand elle broie du noir).

Aujourd’hui, virage à 180°.
Je persiste à vous dire que je la trouve belle. Et j’ajoute que pour autant, elle semble actuellement dans l’incapacité de savoir dire et nous montrer à la fois qu’elle est belle et intelligente.

Cela vient jusqu’à me questionner sur la place qui est laissée aujourd’hui à la femme dans la société, à partir du moment où elle doit s’habiller. 

Comme si, décryptage de tenues après décryptage de tenues, il devenait évident que, par le vêtement, la femme avait le choix d’être belle ou intelligente.
Mais qu’elle n’avait pas la latitude de s’afficher être les deux à la fois.

Cette photo de Lou-Anne Lorphelin que je décrypte pour vous aujourd’hui, m’amène à l’idée qu’un « beau vêtement » nous confronte aux représentations, qui deviennent caricaturales, de la femme dans la société. 

Cette photo vient nous confronter aux injonctions devenues tellement évidentes qu’elles n’ont plus besoin d’être énoncées du type : Sois belle et tais toi. Ou encore belle ou intelligente, il faut choisir.

Il se trouve que dans la vie, en parallèle d’avoir concouru pour les concours régionaux et le concours national de Miss France, Lou-Anne Lorphelin, est étudiante en Master à Grenoble Ecole de Management.
Grenoble Ecole de Management, classée 7éme au classement des meilleures écoles de commerce 2021 du Figaro. Master en management classé dans les 100 meilleurs masters en management au monde. (Sources Le Figaro et Financial Times)

Lou-Anne Lorphelin, avec son CV vient donc mettre à mal les idées idées reçues sur les concours de beauté et les jeunes femmes qui y participent, qui auraient une plastique parfaite mais n’auraient rien à dire, croire ou penser.

Et pourtant, regardez cette photo d’elle que je vous présente aujourd’hui.

En regardant la jeune femme photographiée, avez-vous envie d’avoir avec elle une conversation éclairée sur ce qu’elle pense de l’entreprise de demain, ses enjeux, les choix qu’elle ferait pour la voir grandir, se développer ?

Non. Tout simplement non. 

Sur cette photo il a été fait le choix de nous montrer le vêtement et ses atours uniquement.
De la femme qui porte le vêtement, on ne voit, ne ressent rien.
De Lou-Anne Lorphelin, on n’accède à rien. Rien d’elle, son intelligence, ses valeurs, ses idées.

Je vous invite à regarder la photo et à cacher la tête.
Observez.

Observez à quel point on a le sentiment, ainsi, d’un corps sans vie. A quel point on arrive même à avoir l’impression que la robe est en fait posée sur… un mannequin de vitrine, en plastique.

Faites l’inverse maintenant.
Cachez la robe.
Et ressentez.

Ça ne fonctionne pas mieux.

Il y a quelque chose « qui cloche » autour du visage, alors que notre oeil scanne le maquillage parfait, les boucles d’oreilles superbes, le lissage net des cheveux, ce sourire qui a l’air de prendre du plaisir à vivre l’instant.

La semaine dernière, je vous disais que Lou-Anne Lorphelin était parfaite dans les codes couleurs d’automne et de mélange de styles classique et romantique.

Les couleurs d’automne : des couleurs aux tons chauds et adoucis. Rouille, kaki, mais aussi bleu gris, moutarde, orangé. Doré.
Le bleu de la robe tire sur le chaud, aux endroits où la transparence du tulle est laissée en contact direct avec la peau. Il aurait pu être fait le choix de mettre un fond de robe dans un gris bleu qui aurait emmené la robe dans une palette de couleurs chaudes. Il a été fait le choix de prendre un bleu assez pur, froid.
Certaines perles de la broderie viennent aussi rehausser cette intensité de bleu, au milieu de beaucoup de gris/ argent.
C’est un bleu froid qui ressort principalement du vêtement.

Les boucles d’oreilles, très présentes, en strass monté sur un métal argenté, viennent souligner le côté froid de la tenue.

En termes de couleurs, sur cette photo, seul le maquillage (fond de teint, fard à paupières et à joues, rouge à lèvres) se trouve dans les tons chauds qui mettront Lou-Anne en valeur.
Mais ses yeux sont un peu trop ourlés de noir pour nous permettre de recevoir son regard avec toute la douceur qu’il porte.

Regardons les styles maintenant dans lesquels on sait voir Lou-Anne Lorphelin dans sa justesse : classique et romantique.

Quels sont les codes du style classique, les codes du style romantique ?

Le style classique est caractérisé par des matières naturelles, travaillées, plutôt de grande qualité (lainages tissés type super 100, tweed, écossais… cachemire, soie (taffetas, satin duchesse, organza), coton, lin épais). Des matières de qualité, mat en majorité (sauf pour les soies).
Des matières de qualité et des coupes simples. Pas de grand décolleté, les épaules peuvent être dénudées mais elles le seront dans une forme de « sobriété heureuse ».

Le style romantique de son coté privilégie des matières légères, fluides, telles la mousseline, le voile de coton et la dentelle de Chantilly. Des matières plutôt mat, aussi. Sauf pour le maquillage qui pourra être légèrement brillant, à la faveur d’un gloss posé pour marquer très légèrement les lèvres. Les coupes des vêtements seront travaillées, avec des ajouts de fronces, de noeuds.

Revenons à Lou-Anne dans sa robe bleue.
Qu’observons-nous en ce qui concerne le style et les matières ?

Elle porte une robe à la transparence avérée, recherchée, très décolletée, sans fronces ni volume, entièrement rebrodée de perles et de sequins brillants.
Elle porte des boucles d’oreilles en strass, très présentes, et qui brillent.
Le seul élément mat de sa tenue est son rouge à lèvres. Qui rend, en comparaison du brillant de la robe et des boucles d’oreilles, de sa peau de buste aussi, sa présence encore plus marquée.

Conclusion ?

Tout est faux. Non pas dans l’absolu de la tenue. Car dans l’absolu de la tenue, tout est juste.
Tout est faux entre la femme qui porte la tenue et la tenue.

Et c’est la raison pour laquelle, alors qu’on voit le beau de la tenue, que l’on projette « belle femme » autour de cette image, on perd pourtant l’impression que Lou-Anne Lorphelin est aussi intelligente.

On peut supposer que Lou-Anne Lorphelin n’a pas eu le choix, du vêtement, du maquillage des bijoux. Que la marque de vêtements pour laquelle le shooting photo a été réalisé, a choisi, imposé les codes.

Et c’est cette combinaison de tout est faux pour la femme qui porte le vêtement et des choix de la marque en face que je trouve dérangeante.
Car le message implicite qui est passé avec ce genre de photos, c’est que le vêtement est important. Mais pas la femme qui se trouve dedans.
D’elle, on peut tout cacher. Tout modifier. Cela semble n’avoir aucune importance.
Encore en 2021.

« Au fil des années j’ai appris que ce qui est important dans une robe, c’est la femme qui la porte » Yves Saint-Laurent.

Revenons à l’évidence !
Un vêtement est fait pour vous emporter, vous sublimer. Vous, vos valeurs, vos envies et vos idées.
Ou alors, il est fait pour vous cacher. Si vous le choisissez.

Mais lorsque vous commencez à regarder, observer, détailler, décrypter, les modèles qui vous sont proposés en boutique, à chaque renouvellement de la mode… cela manque encore d’évidence pour la majorité des marques qui propose de vous habiller.
La majorité des marques qui propose de vous habiller aujourd’hui place l’important du vêtement… dans le vêtement. Et les accessoires avec lesquels ils seront portés.
Elles font le choix d’oublier totalement la personne qui sera dedans.

Alors aujourd’hui, j’ai envie d’aller un peu plus loin qu’Yves Saint-Laurent.
Envie de détourner ses mots, pour faire entrer dans cette affirmation chaque homme et chaque femme, quelque soit la tenue qu’il.elle ait choisi de porter.

L’important dans le vêtement, c’est la personne qui le porte.

Cette évidence devrait accompagner chacun.e de vous chaque fois que vous vous habillez le matin.
Chaque fois que vous vous préparez pour aller à une soirée.
Chaque fois que vous sortez une tenue en pensant qu’elle va vous rendre belle.beau. 

Vous êtes belle. Vous êtes beau. C’est ainsi que la nature vous a créés.

Si vous l’avez oublié, c’est qu’il vous manque juste quelques codes à connaître, pour savoir comment le révéler, dans chacune de vos tenues, dans chacun de vos vêtements. Quelles que soient les occasions au cours desquelles vous les porterez.

Personnellement, pour conclure cet article commencé en parlant de Lou-Anne Lorphelin, je rêve qu’un jour une Miss Bourgogne, prétendante à la couronne de Miss France, puisse défiler dans une tenue classique, un brin romantique, aux couleurs d’automne, faite pour la mettre en valeur, elle. Réellement.
Je rêve que l’on cesse de faire défiler dans des concours de beauté, des jeunes femmes dans des tenues imposées, standardisées, supposées mettre toutes les femmes sur un pied d’égalité.

Je rêve que l’on comprenne que faire défiler toutes les jeunes femmes dans des tenues similaires c’est nier leurs caractéristiques personnelles. Nier que dans une même tenue une brune aux yeux marrons sera plus mise en valeur qu’une brune aux yeux verts constellés de tâches d’or, ou inversement.

Je rêve que l’on comprenne à quel point en voulant mettre tout le monde sur un pied d’égalité avec des vêtements, c’est en fait l’unicité de chacun.e que l’on nie. Sa lumière, sa réelle valeur ajoutée. Et qu’on éteint la grande majorité des gens à oeuvrer ainsi.

Lou-Anne Lorphelin, avec cette photo prise pour une marque de vêtements nous en offre un exemple parfait. Triste. Et désolant.

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Si vous souhaitez découvrir la palette des couleurs qui vous met en valeur, je vous retrouve avec plaisir lors du prochain atelier colorimétrie.
Retrouvez les infos pratiques ici.

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Décrypter l’élection m’a fait entrer dans l’univers de chacune des 5 Miss finalistes du concours Miss France 2021. Découvrir que belles comme elles sont, elles sont capables de commettre des erreurs qui peuvent leur coûter la première marche d’un podium m’a interpelée.
Dans le prochain article, je vous parlerai de Miss Alsace 2020.
Une jeune femme superbe, qui apporte la chaleur de ses origines antillaises sur les clichés qu’elle propose d’elle.

À PROPOS DE CÉCILE KRÉE

Nous sommes tous et toutes différent.e.s. Et nous vivons dans un monde totalement normé. Notamment lorsqu’il s’agit de nous habiller.

C’est en comprenant l’intrication des hors de la norme corporels, sensoriels et intellectuels, que j’ai buté sur les limites du conseil en image, fait de règles un peu vite faites.
Car si on comprend facilement que le hors de la norme physique demande des adaptations de coupe, on ignore qu’il s’accompagne souvent de hors de la norme sensoriels. Qu’une hypersensibilité émotionnelle est très souvent accompagnée d’une hypersensorialité, qui place les sens en éveil perpétuel. On ignore généralement l’impact que cela a dès que l’on porte un vêtement sur soi, dans nos rapports à notre corps, mais aussi dans nos rapports aux autres.

C’est parce que j’ai trouvé cette intrication passionnante et pourtant rarement documentée, que je vous partage mes découvertes, mes analyses.

Bienvenue dans mon univers, où le vêtement et l’accessoire portent avec vous, vos valeurs, vos idées, vos projets.

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