Maxima, un jour de grise mine

le Post Du Mercredi #2

Crédit photo : DR

Avec les #PostDuMercredi, je vous amène à prendre conscience de l’impact qu’a un vêtement, une tenue, dans vos relations aux autres. Comment, par un simple vêtement, il vous est possible de donner envie de vous faire entendre ou à l’inverse, vous faire totalement oublier.

Comment, si vous avez tendance à le subir aujourd’hui, vous pouvez commencer à en jouer demain.

Pour cela, je vous commente les tenues de personnalités publiques.
Le genre de personnalités sur lequel nous aimons projeter nos en-vies de pouvoir, de beauté, de notoriété aussi.

Ces décryptages, qui déshabillent aussi bien les hommes que les femmes, ont pour vocation de permettre à chacun.e d’habituer son oeil à reconnaître le beau, l’assorti, le bien assemblé, le coordonné.
Celui qui, nécessairement, vous mettra en valeur. Quelles que soient les circonstances que la vie vous fait traverser, quand bien même vous seriez un peu fatigué.e, un peu secoué.e.
Pour vous permettre d’impacter vos interlocuteurs, avec justesse, et accompagner au mieux vos intentions.

Je vous parle aujourd’hui de Maxima Zorreguieta, Reine des Pays-Bas.

La semaine dernière, dans le #PostDuMercredi #1 , je vous présentais Maxima dans des couleurs qui la rendent belle, avenante, attirante, entrainante.
Des couleurs en résonance avec ses couleurs naturelles, qui laissaient toute la place à sa personnalité, ses valeurs, ce qu’elle incarne.

Chacun et chacune d’entre nous est, selon les principes de la colorimétrie, mis en valeur par une palette de couleurs.
Et une seule.

Dans les principes de la colorimétrie, il existe quatre palettes de couleurs distinctes.
Chacune est reliée par facilité de mémorisation, à une couleur de saison – Printemps, Eté, Automne, Hiver.

Maxima Zorreguieta est mise en valeur par la palette de couleurs d’Automne.

Une palette composée de tons chauds et doux. Composée d’orangés, bruns chauds, de bleus gris. Certains jaunes moutarde, le vert kaki. Certains violets, rouges ou gris.
Le noir, ce « basique » de garde-robe, en est absent.

Le noir est absent de la palette d’Automne.

Si le noir est entré dans presque toutes les garde-robes du monde, il ne met pourtant réellement en valeur qu’une petite partie de la population mondiale.
Le noir laissera voir les personnes (hommes ou femmes) valorisées par les couleurs froides, éclatantes (comme le bleu électrique, le rouge de Noël, le fuchsia, le blanc).

Sur le plan de la couleur, le genre n’a pas d’impact.

Pour les hommes, le smoking, noir, qui se porte encore régulièrement de nos jours dans les pays anglo-saxons  pour les soirées de fin d’année, des mariages ou les grands bals organisés par les sociétés au début de l’été, ne déroge pas à la règle.
Si on voit l’habit, son élégance, le maintien qu’il impose, on remarque plus souvent le costume et sa couleur que l’homme qui le porte.

Pour les femmes, si Gabrielle Chanel a rendu la petite robe noire intemporelle dès 1926, par la simplicité d’une robe à la coupe parfaite et « sans couleur », elle nous a fait oublier depuis un siècle que la petite robe noire fait plus souvent le choix de laisser voir la robe, que la femme qui la porte.
En portant une robe noire droite et courte, à cette époque là, on s’affichait riche et rebelle.
On portait, nécessairement, une robe Chanel, aucun autre couturier ne s’y était encore risqué !
Les femmes laissaient déjà savoir qui elles étaient en portant une marque et l’idée d’être rebelle sur elles. Au détriment de se mettre en valeur, elles, leur beauté naturelle, leurs valeurs, leurs projets.

Depuis, la petite robe noire se trouve partout, dans toutes les formes, à tous les prix.
C’est devenu un « basique » de la garde robe de la femme occidentale. Chacune se doit d’en avoir au moins une. Pensant, la portant, être toujours bien habillée.

Or, avec le noir perçu comme toujours élégant, chic, on a largement oublié une chose essentielle : souvent, sur les hommes comme sur les femmes, le noir laisse voir l’habit, la coupe, le style.
Souvent, le noir fait oublier la personne qui le porte.

C’est le cas aujourd’hui, sur cette photo que je vous présente de Maxima des Pays-Bas.
Maxima porte une robe en lainage type tweed, tissé de fils blancs et noirs.

En faisant le choix de la photo de la semaine, j’ai personnellement douté qu’il s’agisse réellement de Maxima, tellement je la trouve méconnaissable sur cette photo, en regard de la femme belle et avenante dont je vous parlais la semaine dernière.

Pour que visuellement vous compreniez l’impact des couleurs, au delà des formes et des matières, je vous propose de comparer les deux photos que j’ai choisies de Maxima, côte à côte.

Maxima colorimétrie automne hiver robe noire

A gauche, Maxima dans une robe bleue.
A droite, Maxima dans un robe en tweed tissé de fils noirs et blancs.

Observez.

Comme à gauche, on perçoit l’intelligence, la finesse, l’écoute, l’empathie. L’ouverture d’une femme, qui se trouve, en plus, être belle.
Comme à droite… On voit une femme qui a de l’éclat, est souriante. Mais percevez-vous, ressentez-vous une once d’écoute de sa part ? D’empathie ? De finesse d’esprit ?
Non. Pas du tout.

Ce qui ressort sur la photo de la semaine, c’est une impression de trop apprêtée voire d’excès de maquillage.

Et pourtant, quand on observe, on voit que Maxima est autant maquillée sur la photo de gauche que sur la photo de droite.
Son visage brille autant sur une photo que sur l’autre.
A gauche, son maquillage semble transparent, s’oublie. A droite, on dirait qu’elle en a trop mis.

En cause ? La couleur de son rouge à lèvres.
La (mauvaise, pour elle) couleur de son rouge à lèvre associée à la (mauvaise, pour elle) couleur de sa robe.

Observez à nouveau.

Les yeux sont maquillés dans les mêmes tons sur les deux photos.
Le fond de teint et le fard à joues semblent de mêmes couleurs et appliqués de la même manière.
Le rouge à lèvres sur la photo de cette semaine est rouge froid, tirant sur le bordeaux.
Il est très assorti au noir et au blanc de la robe, du sac et des chaussures.
Il est très en décalage avec la femme qui le porte.

Résultat ? Une impression globale… de trop. 

Non pas parce qu’il y a en a plus.
Simplement parce que les couleurs sont en décalage avec la femme qui le porte.

C’est cela, le pouvoir de la juste couleur.
Vous laisser voir, vous, avec toutes vos facettes d’intelligence et de sensibilité.

Vous rendre accessible, vous, tel.le que vous êtes, dans votre richesse et votre profondeur.
Quand, à l’inverse, une « mauvaise » couleur aura tendance à vous effacer, vous, pour laisser la place à l’objet (vêtement, accessoire, maquillage).
Au risque de donner le sentiment d’un « trop ». 

Vous risquez alors, si vous n’avez pas la chance d’être une Reine qui passe sa vie en représentation et sait donc jouer de son image, que ce trop ternisse votre image.

Connaître les couleurs, c’est apprendre qu’elles ont un pouvoir.
Reconnaître vos justes couleurs, c’est apprendre à en jouer.

C’est arriver à la conclusion que ce jour là, où pour une fois, le roi, qu’elle accompagne, portait des couleurs à peu près justes pour lui, il est possible que Maxima ait fait un choix très conscient de ne pas se laisser voir, elle.
Arriver à la conclusion qu’il est possible qu’elle ait choisi des couleurs en dehors de la palette qui la valorise, pour laisser la place à son mari, son discours, ses valeurs à lui. 

Il est possible qu’en ayant fait le choix de cette tenue, Maxima ait choisi de s’effacer, elle, sa personnalité, ses valeurs, au bénéfice de la raison profonde de la présence de son mari ce jour là, à cet évènement là.

Enfiler ses « bonnes » ou ses « mauvaises » couleurs pour une sortie officielle, un rendez-vous professionnel ou un dîner de famille, c’est être dans son pouvoir.
C’est jouer à savoir se montrer les jours où cela a du sens. Jouer à se cacher les jours où cela en a plus.

Parce qu’il peut parfois être utile de ne pas se laisser voir. Aussi.

Si vous avez envie d’apprendre la couleur, comprendre et décrypter vos justes couleurs, retrouvons-nous lors d’un prochain atelier colorimétrie !
Toutes les infos se trouvent ici


Dans chaque article, je vous décrypte une tenue d’une personnalité publique, pour vous permettre de comprendre le pouvoir des couleurs, des matières et des formes, dans votre rapport aux autres.

Je vous propose de vous parler couleurs dans mon prochain article, avec le Prince Charles.
Pas nécessairement à mes yeux le plus sexy des hommes, mais il a eu l’an dernier la bonne idée de paraître dans un costume gris – chaud, assorti d’un haut de forme noir – froid, qui me permettront de vous expliquer pourquoi il est important aussi pour les hommes, de savoir jouer de leurs couleurs. Pour impacter – en douceur ou en force, selon l’humeur de la journée ou les rendez-vous à honorer.

À PROPOS DE CÉCILE KRÉE

Nous sommes tous et toutes différent.e.s. Et nous vivons dans un monde totalement normé. Notamment lorsqu’il s’agit de nous habiller.

C’est en comprenant l’intrication des hors de la norme corporels, sensoriels et intellectuels, que j’ai buté sur les limites du conseil en image, fait de règles un peu vite faites.
Car si on comprend facilement que le hors de la norme physique demande des adaptations de coupe, on ignore qu’il s’accompagne souvent de hors de la norme sensoriels. Qu’une hypersensibilité émotionnelle est très souvent accompagnée d’une hypersensorialité, qui place les sens en éveil perpétuel. On ignore généralement l’impact que cela a dès que l’on porte un vêtement sur soi, dans nos rapports à notre corps, mais aussi dans nos rapports aux autres.

C’est parce que j’ai trouvé cette intrication passionnante et pourtant rarement documentée, que je vous partage mes découvertes, mes analyses.

Bienvenue dans mon univers, où le vêtement et l’accessoire portent avec vous, vos valeurs, vos idées, vos projets.

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