Miss France et l’élection qui a tenu à un fil

le Post Du Mercredi #6

Miss France 2021 relooking parÊtre

Crédit photo : TF1 Vidéo

Avec les #PostDuMercredi, je vous amène à prendre conscience de l’impact qu’a un vêtement, une tenue, dans vos relations aux autres. Comment, par un simple vêtement, il vous est possible de donner envie de vous faire entendre ou à l’inverse, vous faire totalement oublier.

Comment, si vous avez tendance à le subir aujourd’hui, vous pouvez commencer à en jouer demain.

Pour cela, je vous commente les tenues de personnalités publiques.
Le genre de personnalités sur lequel nous aimons projeter nos en-vies de pouvoir, de beauté, de notoriété aussi.

Ces décryptages, qui déshabillent aussi bien les hommes que les femmes, ont pour vocation de permettre à chacun.e d’habituer son oeil à reconnaître le beau, l’assorti, le bien assemblé, le coordonné.
Celui qui, nécessairement, saura vous mettre en valeur. Quelles que soient les circonstances que la vie vous fait traverser, quand bien même vous seriez un peu fatigué.e, un peu secoué.e.
Pour vous permettre d’impacter vos interlocuteurs, avec justesse et accompagner au mieux vos intentions.

Je vous parle aujourd’hui de Miss France 2021, et plus précisément de son élection.

Une jeune femme dont l’élection n’a tenu qu’à un fil. Un enchevêtrement de fils, qui ont donné une robe.
Face à quatre autres jeunes femmes dont la chute au pied du podium n’aura tenu qu’à un fil. Un enchevêtrement de fils qui ont donné quatre autres robes.

L’élection de cette année est intéressante, car pour la première fois depuis plus de 10 ans, les règles en avaient changé.

D’un vote unique du public, on passait à 50% des suffrages pour le public, 50% pour un jury composé de 9 anciennes Miss France.

Si l’élection de Miss France s’était passée selon les anciens critères, Miss Normandie était élue sans appel le soir du 19 décembre, avec 5 points (la note maximum) attribués par le public.
Sa 1e Dauphine aurait été Miss Alsace, avec 4 points; sa 2e Dauphine, Miss Provence.

Si l’élection avait eu lieu avec un seul jury professionnel, Miss Côte d’Azur était élue Miss France. Sa 1e Dauphine aurait été Miss Provence, sa 2e Dauphine, Miss Bourgogne.

On remarque que les résultats et les destins de ces 5 jeunes femmes auraient été bien différents si les règles n’avaient pas changé.

Les résultats auraient été bien différents si les règles d’élection n’avaient pas changé.
Ou si la direction des Miss avait décidé de laisser le jury professionnel des 9 anciennes Miss France décider.

L’histoire retiendra les faits suivants : pour l’édition de 2021, Miss Normandie s’est trouvée à égalité de points attribués par le public et le jury, avec Miss Provence.
Chacune avait, à la clôture des votes, 7 points.
Suivait dans le classement Miss Côte d’Azur, avec 6 points.

Et c’est ce grand écart entre les votes d’un public, qui va (ré)agir par ses émotions dans l’instant et ceux d’un jury de femmes qui sont passées par là et savent ce qu’il faut donner de soi pendant un an, qui m’a interpellée.

Pourquoi et comment en sommes-nous arrivés à avoir des votes aussi différents ?

C’est en regardant les images du dernier tableau de présentation des Miss, un tableau qui les fait défiler dans des robes de bal de grands couturiers, que j’ai compris.
Compris pourquoi Miss Normandie était, pour le public, sortie du lot.

Compris pourquoi et comment une élection, une nomination, peut se jouer à de simples détails, à qualités équivalentes.

Je vous replace le contexte dans lequel j’analyse ces images : je n’ai pas regardé la soirée de l’élection des Miss, je n’ai rien écouté de ce que chacune de ces jeunes femmes a dit d’elle, de ses ambitions, ses intentions, ses en-vies.

Je ne sais donc pas laquelle a pu poser des intentions philanthropes, si l’une ou l’autre a un coeur plus gros que ses voisines, si au contraire l’une d’entre elle a les dents un peu plus longues.
Je ne connais même pas le son de leur voix.

Je décrypte l’image, la leur, la vôtre, et l’impact que celle-ci a sur leurs/vos interlocuteurs.
L’impact que celle-ci peut avoir sur une élection ou une nomination.

Voici la meilleure photo que j’ai pu capter, des 5 finalistes du concours.
(Je vous invite à retrouver les images vidéos de ce moment pour encore mieux décrypter l’instant; pardon pour les spots publicitaires… c’est le prix à payer pour voir le replay de TF1).

Qu’observez-vous ?

Trois des Miss ont des robes qui laissent voir leurs jambes.
Une autre les laisse voir par transparence.
Miss Normandie, elle, n’a rien à montrer de ce côté là. Ce qu’elle a à montrer/dire… se trouve ailleurs.

On observe à partir de cette photo que Miss Normandie est la seule à envoyer le message non verbal qu’elle a autre chose à nous dire, qu’avec ses jambes.

Cela vient caresser dans le bon sens du poil, chez nous, l’idée qu’une Miss France, pour représenter notre pays, se doit d’avoir un corps parfait et aussi des choses à dire au delà de celui-ci.

Miss Normandie, sur cette photo, est la seule à nous envoyer ce message.
Bon point pour elle.

Côté couleurs, que peut-on dire ?
Vous pouvez déjà remarquer que, de Miss Alsace, on ne voit rien.

Rien d’autre que le jaune de sa jupe.
La femme se fait totalement manger par la couleur de sa robe.
C’est un jaune… froid. Parfait pour une personnalité hiver. 

Si vous ne voyez pas la jeune femme qui porte la robe, que l’on a, par ailleurs, déterminé que la robe est d’une couleur froide, vous pouvez donc conclure que Miss Alsace n’est pas mise en valeur par les couleurs froides.
C’est une règle assez répandue des personnalités de type Antillais.
Il n’y a donc pas de surprise à cette conclusion.

Vous pouvez faire le même constat pour Miss Provence et Miss Bourgogne : toutes deux portent des robes que l’on voit, alors que leurs visages sont comme absents de la photo.

Vous me voyez maintenant venir avec mes gros sabots : elles portent des robes grises/argentées, on ne les voit pas… elles seraient donc a priori mises en valeur par les couleurs chaudes des palettes soit de Printemps, soit d’Automne, valorisées par le doré/l’or (retrouvez le décryptage des couleurs d’automne sur ces articles : Maxima quand elle rayonne, Maxima un jour de gris mine, Charles mi-figue mi-raisin).

Restent Miss Côte d’Azur et Miss Normandie.

Des deux, on perçoit le regard et le sourire.
Même si je pense que Miss Côte d’Azur aurait été encore mieux mise en valeur par une couleur chaude plus franche, plus vive, elle ne se laisse pas totalement éteindre par la couleur de la robe qui lui a été donné de porter.

Miss Normandie de son coté semble juste posée dans un écrin fait pour elle.

Je vous rappelle les votes du jury pour ces deux Miss :
Miss Côte d’Azur : 5 points (la plus forte note)
Miss Normandie : 2 points

Les votes du public :
Miss Normandie : 5 points
Miss Côte d’Azur : 1 point.

Mais alors, à couleurs à peu près égales, à quoi s’est jouée cette élection ?
D’après moi, elle s’est jouée à la forme de la robe.

Observez à nouveau.

Je n’ai pas réussi à trouver les mensurations exactes de nos Miss et je ne peux donc pas vous expliquer, barème de mesures de prêt-à-porter à l’appui, en quoi elles sont toutes fines et toutes minces.
Je pense cependant que vous savez que pour des femmes qui en moyenne mesurent 1,76m et pèsent 55kg, le terme « gros » ne pourra pas être utilisé.
(source, article du Huffington Post, à retrouver ici).

Et pourtant, observez à nouveau.

Regardez où votre oeil est attiré sur la morphologie de Miss Provence.

Sur le haut de sa cuisse, n’est ce pas ?
Non seulement sur le haut, mais, aussi, au « plus gros » de sa cuisse (qu’elle a par ailleurs toute fine).
Et donc qu’en déduit votre oeil d’un simple coup d’oeil ?
Que Miss Provence est un peu grosse.

C’est une pure illusion d’optique. 

Et pourtant, comparez, visuellement, ce que votre oeil ressent en regardant uniquement les Miss au niveau de leurs taille/hanches.

Votre oeil vous amène à la conclusion que Miss Bourgogne est petite, Miss Côte d’Azur a de grosses fesses, Miss Provence a de grosses cuisses, quant à Miss Alsace, on a l’impression qu’elle nous trompe dans sa jupe bouffante.

La seule qui tire son épingle du jeu est Miss Normandie.

En se contentant d’analyser les couleurs et les formes des robes des Miss, on comprend que Miss Normandie est la seule qui, dans ce tableau de présentation, ait eu la chance d’un juste combiné couleur et forme de vêtement, en rapport de ce que la nature lui a offert de couleurs et formes personnelles.

On comprend que Miss Provence, 1e Dauphine, n’avait ni la juste forme ni la juste couleur pour la mettre en valeur.

Et qu’elle a donc de belles qualités pour elle pour être arriver si près du haut du podium, quand les éléments visuels jouaient contre elle.

On comprend que Miss Côte d’Azur, 2e Dauphine, avait une couleur à peu près OK sur elle. Et une forme de robe qui ne la mettait vraiment pas en valeur.

D’autant moins que son écharpe de Miss ne pouvait, avec cette forme de robe, pas se poser correctement sur elle, et créait en plus un autre défaut visuel.

Observez une dernière fois comme on a l’impression (nouvelle illusion d’optique) que Miss Côte d’Azur a un buste court, est un peu tassée, quand sa voisine, Miss Normandie, a une buste long et une taille toute fine, car rien n’arrête le regard à ce niveau là, sur sa robe.

On comprend qu’à ce jeu d’illusions d’optiques créés par des robes qui ne sont pas faites pour leurs couleurs et leurs morphologies, April Benayoun et Lara Gautier ne pouvaient que perdre.

Et qu’Amandine Petit, Miss Normandie, dont la silhouette est valorisée par la bonne couleur et le bonne forme, ne pouvait que gagner.

A quoi ça tient une élection quand même.

Si vous souhaitez comprendre pour vous-même quelles couleurs vous mettent en avant, vous, vos qualités, vos projets, je vous invite à découvrir les dates des prochains Ateliers Colorimétrie.

Décrypter cette élection m’a fait entrer dans l’univers de chacune des 5 Miss finalistes du concours Miss France 2021.
De chacune j’ai envie de vous parler plus en détail, plus en profondeur. Envie de continuer à décrypter pour vous, les couleurs, les formes, les matières.
Ça tombe bien, elles ont toutes plein de photos à nous montrer. Et font encore beaucoup d’erreurs.
Dans le prochain article, je vous parlerai d’April Benayoun, Miss Provence 2020, 1e Dauphine de Miss France 2021, dont le regard m’a totalement envoûtée.

À PROPOS DE CÉCILE KRÉE

Nous sommes tous et toutes différent.e.s. Et nous vivons dans un monde totalement normé. Notamment lorsqu’il s’agit de nous habiller.

C’est en comprenant l’intrication des hors de la norme corporels, sensoriels et intellectuels, que j’ai buté sur les limites du conseil en image, fait de règles un peu vite faites.
Car si on comprend facilement que le hors de la norme physique demande des adaptations de coupe, on ignore qu’il s’accompagne souvent de hors de la norme sensoriels. Qu’une hypersensibilité émotionnelle est très souvent accompagnée d’une hypersensorialité, qui place les sens en éveil perpétuel. On ignore généralement l’impact que cela a dès que l’on porte un vêtement sur soi, dans nos rapports à notre corps, mais aussi dans nos rapports aux autres.

C’est parce que j’ai trouvé cette intrication passionnante et pourtant rarement documentée, que je vous partage mes découvertes, mes analyses.

Bienvenue dans mon univers, où le vêtement et l’accessoire portent avec vous, vos valeurs, vos idées, vos projets.

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