Rossy, si belle et si ingrate aussi, parfois

le Post Du Mercredi #14

Rossy de Palma Urka Suaya

Crédit photo : Urko Suaya

Avec les #PostDuMercredi, je vous amène à prendre conscience de l’impact qu’a un vêtement, une tenue, dans vos relations aux autres. Comment, par un simple vêtement, il vous est possible de donner envie de vous faire entendre ou à l’inverse, vous faire totalement oublier.

Comment, si vous avez tendance à le subir aujourd’hui, vous pouvez commencer à en jouer demain.

Pour cela, je vous commente les tenues de personnalités publiques.
Le genre de personnalités sur lequel nous aimons projeter nos en-vies de pouvoir, de beauté, de notoriété aussi.

Ces décryptages, qui déshabillent aussi bien les hommes que les femmes, ont pour vocation de permettre à chacun.e d’habituer son oeil à reconnaître le beau, l’assorti, le bien assemblé, le coordonné.
Celui qui, nécessairement, saura vous mettre en valeur. Quelles que soient les circonstances que la vie vous fait traverser, quand bien même vous seriez un peu fatigué.e, un peu secoué.e.
Pour vous permettre d’impacter vos interlocuteurs, avec justesse et accompagner au mieux vos intentions.

Je vous parle aujourd’hui de Rossy de Palma, actrice, artiste plasticienne, égérie du réalisateur espagnol Pedro Almodovar.

C’est en terminant la série d’articles sur les Miss du concours Miss France 2021 sur l’idée qu’il ne suffit pas d’être jolie pour être belle, que l’on peut être belle sans être née jolie (Amandine et le potentiel caché), que j’ai eu envie de vous parler de Rossy de Palma.

S’il y a une femme sur Terre que je trouve superbe sans qu’elle soit née jolie, c’est elle.
S’il y a une femme qui sait jouer de son image, rire d’elle aussi, c’est elle.
S’il y a une femme qui sait nous donner le meilleur et le pire d’elle en terme d’image, c’est elle, aussi.

Rossy de Palma, une femme qui sait aussi bien être belle qu’elle sait laisser voir son profil ingrat.

Sa popularité, sa filmographie, la reconnaissance internationale de son travail qui l’ont mise souvent sur les tapis rouges des festivals de films et donc sous les feux des photographes, me permettent de vous expliquer à quel point vous êtes puissant.e dans ce que vous choisissez de laisser paraître, voir, de vous.
Comme vous avez toujours le choix.

Le choix de vous montrer, ou pas.
Le choix de vous faire confiance, ou pas.
Le choix de voir et oser afficher le beau en vous, ou pas.

L’exemple de Rossy de Palma me permet de vous montrer qu’une petite partie de vous laisser voir beau.belle dépend de la plastique que la vie vous donne au départ, et que la majorité de ce que vous montrez au monde dépend de ce que vous choisissez d’en faire, surtout.

J’aime cette photo d’elle que je vous présente en introduction.
C’est une très belle photo.
C’est à mes yeux, une oeuvre d’art. Une superbe mise en scène, d’une femme, parfaitement captée.
J’aime aussi cette photo pour ce qu’elle montre, comme d’un profil de déesse grecque, coupé au couteau, qui a dû être bien difficile à porter à l’adolescence, on peut trouver le moyen de faire une beauté éclatante.

Observez comme il ressort de ce cliché, de la posture, du regard qui se plante dans le vôtre, une intensité, une justesse globale, entre le style des vêtements, du maquillage, des accessoires et la femme qui les porte.

Observez et avec moi, prenez le temps de contempler.

Parce qu’une femme avec tant de caractère exprimé sur le visage, qui s’affiche belle presque effrontément, c’est assez rare.
Assez rare dans les pages de nos magazines pour qu’on prenne le temps de le saluer.

Vous pourrez me rétorquer que pour faire ce portrait, Rossy de Palma a fait appel à un.e couturier.e, un.e modiste, un.e maquilleur.se et un.e photographe.

Tous des artisans talentueux et qui ont su chacun dans son domaine, valoriser la femme qu’elle est.
Bien sûr.

Evidemment, elle ne s’est pas apprêtée seule le matin après s’être levée et douchée avant de partir travailler.
Pas comme vous, me direz vous.
Bien sûr, aussi.

Pourtant, pour monter les marches du festival de Cannes, qu’elle vienne promouvoir un film dans lequel elle tient un des rôles principaux ou en temps que membre du jury, Rossy fait aussi appel à des couturier.e.s, modiste.s, maquilleurs.ses.
Quant aux photographes qui bordent le tapis rouge au bas des marches du palais des festivals, ils font partie de la crème de la crème des photographes internationaux.

Or sur ces clichés pour lesquels elle s’est sans doute autant apprêtée… le résultat est… comme moins satisfaisant.

Rossy de Palma Festival de Cannes

Crédit photo : DR

L’impact de la femme superbe que je vous montrais tout à l’heure est absent de ces clichés, n’est ce pas ?

Comment peut-on expliquer qu’une femme qui n’est pas née jolie sache se rendre si belle et accepte aussi de ne pas se valoriser par moments ?

Il me semble qu’il ne se passe pas grand chose et beaucoup, à la fois : un choix.

Se laisser voir dans sa beauté ou ses aspérités, c’est une question de choix.
De petits choix qui créent un grand tout.
Dont l’impact se remarque d’autant plus que nos aspérités sont fortement marquées.
Comme dans le cas de Rossy de Palma.

Analysons.

Sur la photo d’introduction, Rossy de Palma est habillée dans un style « dramatique » ou « théâtral ».

Un style en totale adéquation avec un profil anguleux comme le sien, qui semble tout droit sorti d’un dessin de Jean Cocteau.

Un style de vêtements dans lequel on va retrouver des tissus plutôt lourds, qui ont de la consistance et donnent du volume, qui peuvent briller. Dans des coupes qui structurent le vêtement, très droites, nettes.
On remarque sur la photo, la coupe de l’emmanchure, qui n’a pratiquement pas de tête de manche. Une manche qui, lorsque la femme se tient debout, va tomber tout droit directement sur le bras. Comme coupée au couteau.
En résonance totale avec le visage qui la porte.

La garde robe théâtrale se compose de vêtements et d’accessoires volumineux, structurés et résolument avant-gardistes.

Le chapeau quant à lui, allie à la fois la simplicité totale, et le caractère impétueux de la paille qui n’est pas travaillée de façon traditionnelle : là où la paille serait habituellement soit cousue en forme, ou le disque moulé sur une forme à chapeau avec le centre placé au milieu de l’arrondi du crâne, ce disque de paille a choisi… l’épure. Il est simplement moulé pour emboiter la forme de la tête, son centre décalé par rapport au milieu du crâne.
Il est aussi bordé d’une ganse noire, qui pourrait être en cuir. Qui a un côté brillant. Un petit côté décalé du caractère mat de la paille.
Deux détails… qui confèrent à ce chapeau son côté résolument moderne.

Concernant, les couleurs, celles de la garde-robe théâtrale sont principalement le noir, le blanc, le rouge. Parfois le fuchsia.

Les couleurs de base de la palette « hiver » en colorimétrie.
Nous sommes ici dans un accord quasi parfait style et couleurs, en ce qui concerne les vêtements choisis pour cette photo.

Autant de codes que nous retrouvons sur les tenues que Rossy a choisies pour monter les marches du palais des festivals de Cannes.

On pourrait donc s’attendre à retrouver ce même accord parfait, cette même grâce, ce même élan de justesse sur ces trois clichés cannois.
Et pourtant, il n’en est rien.

Observez.
Observez comme ces vêtements, qui correspondent parfaitement aux codes du vêtement dramatique, sur ces photos, se laissent voir eux, et ne mettent pas la femme en valeur. Elle, son regard, son sourire.
Observez comme le peu de la femme que l’on voit est ce qu’elle a de moins à gracieux à montrer. En plus.

Alors…. pourquoi ce décalage ?

Pourquoi ce qui fonctionne une fois, ne fonctionne pas chaque fois ?

Parce que Rossy de Palma n’est pas mise en valeur par la palette d’hiver.

Si l’ensemble « prend » sur la photo d’introduction, c’est notamment parce que la base de son maquillage, très blanche, épaisse, lui confère un air de maquillage de scène qui cache sa couleur de peau naturelle; parce que son rouge à lèvres et le chapeau sont dans des coloris de la palette automne, qui résonnent avec elle.
C’est aussi parce que la femme prise en photo, est mise en scène avec une théâtralité qui lui va à merveille.

Si l’ensemble « prend » et permet la création d’une oeuvre d’art, pour autant, la mise en scène ne permet pas de voir la femme qui porte le vêtement.
Camouflée derrière son maquillage qui reprend certains codes des maquillages des Geishas, Rossy de Palma devient une femme faite sculpture. A la limite de l’objet.

Pour autant, elle n’est pas.
D’elle, de ses valeurs, de ses humeurs, on ne sait rien.

De la femme qui porte le costume, on ne voit rien d’autre que l’effronterie qu’elle a à affirmer « je suis belle, même si je ne suis pas née jolie ».

Ce qui est déjà bien.
Et pourtant, à mes yeux, pas suffisant.

Si brune soit elle, Rossy de Palma, n’est pas mise en valeur par la palette de couleurs d’hiver.
Contrairement à l’idée reçue que toutes les brunes aux cheveux presque noirs sont mises en valeur en portant du noir et du blanc, ce n’est pas la juste palette de couleur pour que Rossy se laisse voir elle, dans ce qu’elle a de plus beau et d’affuté, et non pas le vêtement et les aspérités de son visage.

C’est la raison pour laquelle j’insiste tant sur la juste palette de couleurs lorsqu’il s’agit de mettre en adéquation vos vêtements avec vous.

C’est la raison pour laquelle lorsque vous me rétorquez en atelier : d’accord le noir ne me valorise pas, mais j’ai le droit d’en porter si j’aime ça ?
Je m’autorise une moue un peu dubitative…

Oui, bien sûr ! Vous avez tous les droits !

Mais alors, vous continuez à assumer porter une palette de couleurs décalée de celle qui vous valorise vraiment, et vous acceptez de faire comme Rossy de Palma sur ces clichés cannois.
Valoriser vos plus fortes aspérités.
Ou alors faire comme elle sur ce portrait d’art, et vous cacher derrière un costume de scène, maquillage, coiffure, vêtement parfaits. Un ensemble qui demande une attention de tous les instants et aura tendance à vous mettre sous pression.

Je crois qu’il existe une troisième voie.
Celle qui vous fait entrer dans un univers tout doux où mettre en valeur votre silhouette, votre morphologie, votre beauté naturelle est facile.
C’est la voie que je souhaite vous faire emprunter.

Une voie qui va vous demander, pour certain.e.s de délaisser le noir ou le bleu marine, le kaki ou le moutarde pour d’autres.
Oui. Un premier pas à faire pour vous offrir rien de moins qu’un peu plus de vous-m’aime.

Une fois ce pas fait vous pourrez alors commencer à ressentir que le style et la forme des vêtements que vous portez a moins, beaucoup moins d’importance, que si vous choisissez de continuer à porter les couleurs qui accentuent vos aspérités.
Et qu’il devient simple, facile, doux et satisfaisant de vous aimer et vous montrer.
Dans toute la richesse de ce que la vie vous a donné.

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Si vous avez envie d’apprendre la couleur, comprendre et décrypter vos justes couleurs pour commencer à mieux vous aimer, retrouvons-nous lors d’un prochain atelier colorimétrie !
Toutes les infos se trouvent ici

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Dans chaque article, je vous décrypte une tenue d’une personnalité publique, pour vous permettre de comprendre le pouvoir des couleurs, des matières et des formes sur l’image que vous donnez de vous.
Dans le prochain article, je vous montrerai une fois encore l’impact majeur de la couleur avec une photo magnifique sur laquelle on voit Rossy de Palma, crâne rasé et pourtant d’une féminité à tomber.
Je vous expliquerai quelle palette de couleur met cette femme hors du commun en valeur, en quoi le style du vêtement vous cache ou révèle votre personnalité. Et pourquoi chacun.e gagnerait à connaître sa juste palette de couleurs lorsqu’il.elle a envie de se mettre en valeur.

À PROPOS DE CÉCILE KRÉE

Nous sommes tous et toutes différent.e.s. Et nous vivons dans un monde totalement normé. Notamment lorsqu’il s’agit de nous habiller.

C’est en comprenant l’intrication des hors de la norme corporels, sensoriels et intellectuels, que j’ai buté sur les limites du conseil en image, fait de règles un peu vite faites.
Car si on comprend facilement que le hors de la norme physique demande des adaptations de coupe, on ignore qu’il s’accompagne souvent de hors de la norme sensoriels. Qu’une hypersensibilité émotionnelle est très souvent accompagnée d’une hypersensorialité, qui place les sens en éveil perpétuel. On ignore généralement l’impact que cela a dès que l’on porte un vêtement sur soi, dans nos rapports à notre corps, mais aussi dans nos rapports aux autres.

C’est parce que j’ai trouvé cette intrication passionnante et pourtant rarement documentée, que je vous partage mes découvertes, mes analyses.

Bienvenue dans mon univers, où le vêtement et l’accessoire portent avec vous, vos valeurs, vos idées, vos projets.

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